Les énergies nouvelles, la fin d’un mythe

29 août 2017

Retour sur l’interview de l’ingénieur Philipe Bihouix sur sa vision des énergies nouvelles et leur avenir.

 

Philippe Bihouix s’exprime sur la raréfaction des matériaux du fait que la partie exploitable des ressources minérales et et métalliques est limitée. Comme peuvent l’être les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon).

A contre courant de cette idée certains défendent le fait que l’énergie solaire est bien plus importante que les besoins énergétiques de l’humanité. Ainsi, développer ces énergies ne serait qu’une question de volonté politique et de combat contre les lobbies pétroliers. Seul problème, la production énergétique et l’exploitation des ressources interagissent entre elles. Ainsi il faut de plus en plus d’énergie pour exploiter les métaux et à l’inverse toujours plus de métaux pour exploiter l’énergie, ce qui amène à un appauvrissement des ressources. Philipe Bihouix l’explique par une quantité toujours plus importante de matières et d’énergie englouties pour maintenir la production. Un cycle qui à terme aura des conséquences environnementales multipliées et aggravées.

L’auteur à succès se bat contre l’idée d’une énergie renouvelable illimitée et propre, car les technologies vertes sont elles aussi consommatrices de ressources. Selon lui il faudrait orienter la recherche scientifique en prenant en compte les ressources, plutôt que le seul rendement, physique ou économique. Cependant, le problème est plus complexe car le développement des énergies renouvelables ne permet pas de maintenir notre niveau de dépense énergétique et d’absorber la croissance continue de notre consommation matérielle.

Dans son dernier livre, l’auteur nous alerte, et dit que nous pourrions d’or et déjà consommer moins sans que notre mode de vie en pâtisse. Il nous donne un exemple concret, à propos des millions de tonnes de prospectus publicitaires distribués chaque année, que l’on pourrait supprimer. Autre idée avancée dans cette interview, le concept d’auto conception. Il faudrait des produit moins obsolètes et plus modulables composés d’un seul matériaux. Pour lui, il faudrait réduire notre consommation énergétique de 80%. Il nous faut arriver à mettre en place un mix d’énergies renouvelables.

Autre concept abordé par l’auteur, l’économie circulaire (faire plus avec moins), qui selon lui aura le même effet que le développement durable. C’est à dire un concept utopique car on ne sait pas découper croissance du PIB et décroissance de la consommation matérielle et pollution. Pour lui il vaut mieux diminuer drastiquement notre consommation et au plus vite afin de maintenir l’essentiel de notre confort.

Et concernant les limites de recyclage ?

L’auteur y voit trois limites. La première part du constat qu’on ne peut pas recycler à 100%. La seconde, c’est l’existence des alliages. En effet, les métaux ne sont pas utilisés dans leur forme pure, mais sont mélangés à de petites quantités de métal afin d’améliorer leurs qualités ou fabriquer des laitons ou des alliages « high tech » dans les appareils électronique. Ainsi et selon les mélanges, une partie des ressources n’est pas récupérable en fin de vie. Enfin, la troisième limite selon lui, c’est l’usage dispersif. Les métaux ne sont pas toujours utilisés sous forme métallique, ils le sont aussi sous forme chimique. Or, pour Philip Bihouix il est quasiment impossible de récupérer tous ces métaux dispersés.

Philip Bihouix conclut l’interview à abordant les conséquences géopolitiques et socio-politiques de la course énergéco-minière. Pour lui la situation va s’aggraver, sachant que les dirigeants n’ont pas l’intention de freiner l’innovation robotique, le numérique ou encore les objets connectés etc. devant lesquels tout le monde s’émerveille. Cette voie la est très dangereuse, tant du point de vue de la consommation de ressources et d’énergie que de la génération de déchets électroniques ingérables.

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur

 

 

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